Quand la traduction de l’anglais au français est amusante autant que ridicule

Si l’importation de produits étrangers en France oblige à la traduction des modes d’emploi, la qualité n’est pas au rendez-vous. Mais le rire oui.


16/12/2018 Muriel Gilbert

Qui n’a jamais eu envie de retourner à l’envoyeur un poste de radio électronique au mode d’emploi incompréhensible ? Pour obtenir l’autorisation d’importer en France un certain nombre de produits, la traduction de la notice est obligatoire. Ça rappelle l’époque où les chaînes de télévision avaient à respecter un quota de production française. 

Vous vous rappelez Voisin, Voisine ? L’obligation ne portait pas sur la qualité, ni sur l’heure de diffusion, et qui a connu des nuits d’insomnie dans les années 1990 a pu s’en rendre compte. C’est la même chose pour les modes d’emploi des produits importés. La traduction est obligatoire, soit. Mais rien ne dit qu’elle doit être bien faite. 

Alors vive la traduction automatique. Et il faut voir les textes étranges sur lesquels on tombe parfois ! Il y a peu, une “tweeteuse” a publié une photo désopilante. Avant de laver un vêtement, elle avait voulu consulter les instructions de nettoyage. L’étiquette disait : “La machine lave le rhume séparément”. La version anglaise, juste au-dessus, était : “Machine wash cold separately”.

Pas d’obligation de qualité

Or “cold” signifie à la fois “rhume” et “froid” en anglais. L’étiquette aurait donc dû dire en français : “Laver en machine séparément à froid”. Reconnaissons que “la machine lave le rhume”, c’est plus rigolo. Le texte continuait : “Ne pas sécher propre”, soit la traduction littérale de l’anglais : “Do not dry clean”, qui veut dire : “Ne pas nettoyer à sec”. Et il se terminait par : “Fabriqué dans Chine”. 
 
On entend parfois de drôles de traductions à la télévision également. Il y a une émission de déco, sur TFX, qui s’appelle Total Renovation. Elle n’est pas exactement doublée : les décorateurs expliquent en anglais les travaux qu’ils effectuent, des comédiens reprenant en “voice-over”, un genre de “voix off”, la traduction française. 

Enfin, “traduction”, le mot n’est pas exact, parce que, une fois encore, à l’évidence, la production a préféré faire l’économie des services d’un professionnel

Ça donne des traductions drôles

C’est ainsi qu’il est question de “chambre des maîtres” au lieu de “chambre parentale”, de planchers en “bois franc” au lieu de “bois massif”, de gens qui “adooorent le déclin”, et il me semble que ça désigne des panneaux de bois sur les murs, sans parler de quantité d’autres éléments qui demeurent très mystérieux. 

J’avoue être très agacée que la production se moque du téléspectateur français en n’investissant pas quelques dizaines d’euros dans la traduction. Mais ces traductions stupides me font aussi beaucoup rigoler. Donc en effet, messieurs les fabricants de vêtements, mesdames les productrices de télé, messieurs les fabricants d’électronique, ne payez pas de traducteurs, c’est beaucoup plus marrant comme ça.

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